Un après midi à l’Académie vétérinaire par le docteur Yahya DEFFOUS, expert
vétérinaire auprès de la Cour d’appel de Versailles
Le 23 Joumada I 1429 AH correspondant au 29 mai 2008 après midi, l’Académie vétérinaire de France a organisé une conférence débat « Alimentation et rites religieux »
au siège de l’institution.
Aucune personnalité religieuse musulmane n’était présente. La salle ne pouvait contenir plus d’une trentaine de personnes. Toutes les
chaises étaient occupées.
L’Académie a fait dépêcher de l’Algérie un de ses membres le docteur vétérinaire BENLLAMOUAFFAK pour venir éclairer les présents à
travers une conférence.
Monsieur le Professeur BRUGERE accueillait avec l’amabilité qu’on lui reconnait,
l’ensemble des présents à l’entrée pendant que le Dr Milhaud, Président de l’Académie s’occupait de la logistique informatique de la conférence.
Etaient présents des personnalités de l’Académie vétérinaire, de la DGAL représentée par Mme Dunoyer, des associations de protection
animale, des vétérinaires de terrain, L’Ecole Nationale vétérinaire de Maison Alfort en la personne de M. Le Professeur
Carlier, des anonymes.
La communauté juive était représentée par le grand Rabbin de Metz Mr FITZON, docteur vétérinaire venu éclairer les présents sur le
sacrifice rituel judaïque ainsi qu’un autre Rabbin (Rabbin Hirsch) et deux autres personnes.
La communauté musulmane n’était représentée qu’à travers le Dr Benllamouaffak et
moi-même, à la demande de l’association ASIDCOM. C’était la deuxième fois que je me rendais à l’institution ayant apprécié
cette initiative d’ouverture de l’académie.
Conférence du Dr BENLLAMOUAFAK
La conférence a débutée par un exposé enrichissant du Dr BENLLAMOUAFAK qui a traité la plupart des données islamiques
alimentaires : les interdits alimentaires tirés du Coran, de la Tradition prophétique (Hadiths). Il s’est excusé pour ne rapporter
que des extraits du Coran et certains Hadiths et indique qu’il n’a pas les compétences pour se lancer
dans des détails et des explications scientifiques ou religieuses. Lors de l’évocation de certains interdits, il fait des comparatifs avec le judaïsme.
Il a clôturé sa conférence sur la Sourate du Coran qui dit que la
« nourriture de ceux qui ont reçu le Livre vous est licite et votre nourriture leur est licite « (Sourate V- La Table servie
– Verset 3) (note additionnelle. Ce verset doit être compris pour les choses licites et non pas pour autoriser l’interdit).
La salle semble être heureuse de poursuivre le projet de l’obligation de l’étourdissement avant ou après l’abattage.
Débat
Abattage du chameau : le docteur Benllamouaffak fait ressortir
cette différence avec le judaïsme (animal licite) et les spécificités d’abattage de cet animal par NAHR (saignée pré thoracique).
Puis il cite les deux méthodes de dépouillement –Eviscération au Sud de
l’Algérie (Dépouillement- éviscération par le ventre à partir de la ligne blanche
Dépouillement –Eviscération par le dos à partir de la bosse du chameau.
Question du PR
BRUGERE : Comment saignez vous la volaille?
En effet, il voulait lui parler de cette volaille qui se relève après la saignée pour succomber quelques mètres plus loin.
Le docteur Benllamouaffak l’éclaire des méthodes routinières et lui raconte des anecdotes de son enfance à la RAHBA de
Constantine avec la communauté juive où le schohet (sacrificateur juif) prenait la volaille d’une main et avec l’autre main, il pratique l’incision et lorsqu’il juge que la saignée n’est
pas bonne la volaille est achetée par un musulman sans que ce dernier ne se pose des questions, (dans la convivialité totale).
S’agissant du comportement de la volaille après la saignée, il répond au Pr. BRUGERE que c’est un
reflexe inconscient.
Question sur le lapin : Il informe les présents que cet animal est
licite contrairement au judaïsme.
Question sur le porc : Il informe les présents qu’il n’a pas de
réponse.
J’ai demandé la parole en disant que je me permettais de venir en aide avec le père de ma profession. J’évoque la question des avortas
et les enfants nés sous x, l’incapacité de cet animal à de grandes transhumances et sa proximité avec le domicile de l’homme, son lisier par rapport aux selles de l’homme, les cinq prières
quotidiennes et donc l’obligation de réaliser les ablutions cinq fois par jour si nécessaire pour faire valider les prières, plus la consommation de la chair humaine, l’histoire des clôtures des
cimetières en invitant les jeunes chercheurs de revoir certaines maladies anciennes et les maladies à prions et en invitant les présents à lire mon petit extrait sur cette question
(« La question du porc en Islam »). Une bombe est lâchée !! Certains se précipitent sur l’extrait en milieu de la conférence.
Question sur le vin : Le docteur Benllamouaffak informe que c’est
interdit
Conférence du docteur vétérinaire et grand rabbin de
Metz Fitzon
C’est avec beaucoup de pédagogie et de maîtrise qu’il exposa les
interdits alimentaires judaïques et il a insisté sur le côté sacré de la mise à mort de l’animal. L’approche de la nourriture par le juif croyant (la table servie est un lieu « de prière
ou de méditation » et sur les difficultés du croyant pour se nourrir en respectant ces règles en citant des anecdotes sur un Roi de France qui
semble t-il était antisémite, Il semblerait qu’en cours d’une rencontre avec un rabbin un des serviteurs antisémite également a dit au Roi M. x, ne mangera pas et ne boira pas de tes mains, le
Rabbin trouve une parade et dit au Roi « on boit si la personne se lave les mains – Le Roi lave ses mains et donne un verre au Rabbin et
triquera avec lui….. »
Il a insisté sur la place du bien être animal dans le sacrifice.
En parlant sur les exigences du sacrifice, il a aborda la question de l’assommage en donnant un avis défavorable. Sa réponse était
claire et franche ; c’est non !
Silence total.
Il termine sa conférence.
Débat
L’agitation est perceptible, les questions de toutes sortes pleuvent sans pour autant soulever la question de l’assommage.
Question sur les poissons et le caviar. C’est dans les textes, le caviar est interdit.
Question sur le foie gras : Interdite
Information d’un présent sur le développement par les juifs au moyen âge du gavage des oies pour extraire les graisses et s’éclairer
(bougie). Le docteur Fitzon ignore cette info.
Intervention du PR Brugère qui semble dire que ce n’est pas nécessaire de recourir à l’assommage pour les petits animaux en particulier pour les ovins et caprins, veaux mais demeure réservé pour
les gros bovins.
Une autre question sur vin et la certification cacher de ce dernier.
Dr Fitzon : Le vin est un produit licite dans le judaïsme et des
grandes circonstances religieuses et festives (circoncision, la veille du Shabbat et toutes les autres fêtes religieuses).
La certification Casher est une question de bénédiction et d’assurance de l’absence de rajout de substances
illicites.
Conférence du docteur Dunoyer (ministère de l’agriculture et de la pêche, direction générale de l’alimentation « DGAL »)
Elle a exposée brièvement les textes de référence et insiste sur l’aspect dérogatoire de la réglementation en matière d’abattage
rituel.
Ensuite, elle a énuméré tout un tableau noir et réel des non-conformités du terrain en particulier en matière du bien être animal et
de l’hygiène en évoquant le projet de L’OABA de mettre en place un programme de formation pour les sacrificateurs.
Elle a évoqué le compromis et l’efficacité de l’étourdissement post-mortem (post jugulation).
Les actions des associations de protection animale en citant l’interdiction au Danemark de la viande rituelle, le cas de
l’Australie et de l’Angleterre qui utilise cette technique et exportent la viande au berceau de l’Islam l’Arabie Saoudite en particulier au moment du
Hajj .
Et de conclure qu’elle espère concrétiser cette démarche en France.
Une dame de l’assistance :
Chuchotement …bon on applique ça pour les musulmans et garde l’exception pour le rituel casher d’autant plus que le Recteur de Paris est d’accord et certains organismes certificateurs ont fait la
demande en ce sens !
L’adrénaline me monte au cerveau….Je prends la parole.
Dr Dunoyer, je me permets d’intervenir. Vous dite électronarcose or c’est faux car l’animal est mort de plus il y a des risques
sanitaires et il faut congeler la viande en particulier la volaille. Alors pourquoi cette technique ?
Dr Dunoyer : sa réponse était claire nette et précise.
C’est les professionnels de l’abattage et des organismes de certifications qui n’ont cessé de faire la demande car c’est trop lent la
saignée-égouttage en plus des actions des associations de protection animale. Une sueur froide me traverse je me suis dit
« des bricoleurs » et des adeptes du profit immoral dictent des règlements à l’état de Droit !.
Le Dr Benlamouaffak poursuit… c’est fou ces associations de protection animale….. Et cite le cas de l’Inde où 300 cas de rage humaine
par an mais où au nom de la protection, il est interdit de toucher aux chiens errants !. Il rajoute qu’il ne voit pas l’utilité de cette
technique.
Une dame se retourne vers moi et me demande de quelle école Islamique vous êtes et où elle peut acheter mes livres. Drôle d’image de
l’Islam !
Je me lève une dernière fois pour dire que c’est un problème de communication ….que les interdits alimentaires et judaïques sont au
cœur du bien être animal et qu’il faut un travail d’information pour une connaissance mutuelle des uns et des autres.
Le Dr Benllamouaffak revient sur les gens du livre et le Coran….En occident il y a de
tout, des croyants des non croyants, cette notion mérite une définition.
Conclusion :
Non à l’étourdissement avant et après la saignée selon la perception du Pr. BRUGERE :
Le non l’a donc emporté mais c’est grâce au Rabbin FIZTON,
L’accord des Mosquées agréées et de certains organismes de certification m’a discrédité.
Les membres de l’Académie sont restés pour discuter.
Remarque : le Dr
Benlamouaffak n’est pas au courant de l’utilisation de l’électronarcose en Algérie. (Que Dieu me Pardonne). Je l’ai demandé de faire le nécessaire.
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