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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 10:35

Le traitement des animaux


 Selon les enseignements de l’Islam, causer un quelconque tort ou faire souffrir sans raison les créatures sans défenses et innocentes d’Allah n’est en aucun cas justifié. L’Islam recherche de l’être humain un point de vue positif concernant le fait d’accepter toutes les espèces vivantes à titre de communauté comme nous, être humains, dans leurs droits les plus complets et de ne pas porter de jugement sur elles comme nous poussent à le faire nos valeurs humaines. Allah dit dans le Qour’âne : “Nulle bête marchant sur terre, nul oiseau volant de ses ailes, qui ne soit comme vous en communauté.” 1
La prévention de la cruauté physique n’est pas suffisante ; la cruauté mentale est tout aussi importante.

A travers l’incident relaté dans les lignes suivantes, la détresse émotionnelle d’un oiseau a été traitée aussi sérieusement qu’une blessure physique. “Nous étions en voyage avec le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) , et il nous laissa un moment. Pendant son absence, nous vîmes un oiseau appelé Hoummara avec ses deux petits ; nous prîmes les deux oisillons. La mère tournait autour de nous, battant ses ailes de douleur. Lorsque le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) revint, il dit :Qui a blessé les sentiments de cet oiseau en prenant ses deux petits ? Remettez-les où ils étaient.” 2
Le même Compagnon (radhia Allâhou anhou) rapporte qu’un homme prit quelques oeufs du nid d’un oiseau. Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) les remit dans son nid. 3

Responsabilité humaine de la préservation de l’espèce animale


L’importance que l’Islam accorde à la gravité de la cruauté envers les animaux est si grande qu’il a déclaré le fait de causer du tort sans raison, même à un moineau ou toute autre créature aussi petite soit-elle, comme un péché auquel le responsable devra y répondre le jour du Jugement.
Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) raconta aux Compagnons (radhia Allâhou anhoum) le récit de la femme pieuse qui fut destinée à l’enfer pour avoir enfermé un chat, ne pas l’avoir nourri, ni l’avoir relâché afin qu’il puisse se nourrir soi-même. 4
L’intérêt de L’Islam pour les animaux va au-delà de la prévention contre la cruauté physique ou encore l’affection à leur égard. Il enjoint l’espèce humaine à prendre la responsabilité de toutes les créatures dans l’esprit d’une philosophie de vie positive et d’être leurs protecteurs actifs.
L’histoire de Nouh (alayhis salâm) au moment du déluge confirme cette position de l’Islam sur la protection des animaux. Allah lui ordonna de prendre avec lui une paire de chaque espèce. “Nous dîmes : Charge (dans l’arche) un couple de chaque espèce..
.” 5
De la même manière, le Prophète Souleymân (alayhis salâm) changea l’itinéraire de son armée pour éviter de piétiner les fourmilières. 6
Ce point de vue concernant les fourmis est confirmé par un hadith du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) dans lequel il interdit de tuer quatre sortes d’insectes : “La fourmi, l’abeille, la huppe et l’épervier.” 7
On demanda au Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) si les actes charitables, même envers les animaux étaient récompensés. Il répondit : “Il y a des récompenses pour les actes de charité envers toute bête vivante.” 8
La conclusion de ces deux hadiths authentiques est citée dans le livre de hadith “Mishkâtoul Masâbîh” : “Une bonne action faite à une bête équivaut à une bonne action faite à un être humain ; et un acte de cruauté envers une bête est aussi mauvais qu’un acte semblable envers un être humain.” Et aussi : “L’affection envers les animaux est récompensée dans l’au-delà.” 9

Tortures et cruauté : L’exemple de l’Islam


Durant la période préislamique, certaines superstitions païennes et pratiques polythéistes impliquant des actes de tortures et de cruauté en général aux animaux étaient courantes en Arabie. Toutes ces pratiques furent condamnées et interdites par l’Islam.
Les paroles suivantes du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) servent d’exemple : Djâbir rapporte que le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) a interdit de frapper et de marquer (au fer rouge) le visage des animaux. Il rapporte aussi qu’une fois, le Prophète vit un âne blessé au visage, il dit alors : “Qu’Allah punisse celui qui l’a marqué !10 Le hadith concerne le fait de blesser l’animal aux endroits sensibles du corps, tout comme défigurer son apparence.
Lorsque le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) émigra à Madina, les gens de là-bas avaient l’habitude de couper les bosses des chameaux et la queue grasse des moutons. Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) ordonna l’arrêt immédiat de cette pratique barbare. La tentation des gens de pratiquer cette sorte de vivisection des animaux reposait sur le fait que les bosses juteuses et les queues grasses pouvaient être consommées, l’animal étant toujours vivant et pouvant être utile plus tard. Afin de faire disparaître cette avidité, le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) déclara : “Tout ce qui est coupé de l’animal alors qu’il est toujours vivant est “charogne” et est illicite à la consommation.” 11
Saïd Ibn Djoubair (rahimahoullah) rapporte : J’étais avec Ibn ‘Oumar (radhia Allâhou anhou) et nous passâmes près d’un groupe de jeunes qui avaient attaché une poule et commencèrent à la frapper. Lorsqu’ils virent Ibn ‘Oumar (radhia Allâhou anhou), ils se dispersèrent, laissant la poule. En voyant cela, Ibn ‘Oumar (radhia Allâhou anhou) demanda : “Qui a fait ça ? Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) a maudit celui qui agit ainsi.” 12
Afin d’être certain qu’aucune blessure ne sera infligée à l’animal même lorsqu’il n’y a qu’un souffle de vie en lui, le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) interdit de molester la carcasse de n’importe quelle façon soit-elle, comme par exemple en cassant son cou, en le dépeçant, ou en coupant une partie de son corps, tant que la carcasse n’est pas complètement refroidie.
Plusieurs autorités juridiques musulmanes ont émis la fatwa qu’un temps doit être donné pour que la rigidité cadavérique prenne effet avant le dépeçage de la carcasse.
Plus que les soins physiques, ce sont les soins émotionnels qui ont été pris en considération par le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) qui réprimanda une fois son épouse, Aicha (radhia Allâhou anha), pour avoir traité un chameau avec désinvolture. Aicha (radhia Allâhou anha) elle-même raconte l’incident : “Je montais un chameau agité et je le tournai brutalement. Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) me dit : “Il est de ton devoir de traiter les animaux avec égard.” 13
Le hadith suivant interdit la défiguration du corps de l’animal. Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) a dit : “Ne taillez pas la frange du cheval qui possède sa convenance, ni sa crinière qui le protège, ni sa queue qui lui sert à chasser les mouches.” 14

Les incidents du pansage du cheval du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam), la brutalité de ‘Aîcha (radhia Allâhou anha) envers son chameau et la réprimande du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam), l’interdiction prophétique de couper la frange, la crinière ou la queue de l’animal, l’interdiction de frapper et de marquer son visage et ses oreilles, tout cela (ainsi que beaucoup d’autres hadiths) montrent que le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) avait, quatorze siècles auparavant, souligné que les animaux avaient le sens de la beauté et de la sensibilité, et par conséquent, qu’ils devaient être traités avec égard.

Utilisation à bon escient


Allah nous a accordé la libre utilisation des plantes et des animaux de la terre. Il dit : “Mangez et buvez des choses pures de la Terre.” 15
Il dit encore : “C’est Allah qui a créé les bestiaux pour que vous les montiez et les consommiez.” 16
Mais nous devons maintenir l’équilibre de l’utilisation des animaux et des plantes avec notre rôle majeur de “gardien de la Terre”. Nous ne sommes pas autorisés, par exemple, à causer du tort aux animaux et aux plantes sans raison valable. Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) a interdit aux gens de capturer les oisillons, de brûler les fourmilières et de fouetter les animaux de manière cruelle.
  • Si nous utilisons les animaux pour le travail, nous devons les nourrir convenablement et ne pas les surcharger de travail.
  • Si nous consommons les animaux, nous devons les égorger selon le rituel Islamique qui interdit toute cruauté.
  • Et si nous les gardons comme animaux de compagnie, nous devons les nourrir convenablement et prendre soin d’eux.

    Quelques hadiths concernant les animaux


  • Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) n’a pas seulement enseigné aux gens de se montrer bon envers autrui mais aussi envers toutes les créatures. Il interdit les pratiques telles que couper les ongles et la crinière des chevaux ou encore le marquage des animaux à n’importe quel endroit sensible du corps, et de garder les animaux sellés (en selle) sans nécessité. 17
  • Quand le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) voyait un animal surchargé ou mal nourri, il arrêtait le propriétaire et disait “Crains Allah dans ta façon de traiter les animaux.18
  • Un Compagnon (radhia Allâhou anhou) du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) vint à lui tenant des oisillons dans son vêtement et prétextant que la mère avait volé autour d’eux tout au long de l’incident. Il lui fut ordonné de retourner les oisillons à l’endroit même où il les avait pris. 19
  • Une fois, un sahabi (radhia Allâhou anhou) en voyage avec le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) prit des oeufs d’un nid d’oiseau. La mère oiseau cria de douleur et d’émotion et attira l’attention du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) (par des cris) ; celui-ci demanda au sahabi (radhia Allâhou anhou) de remettre les oeufs dans le nid. 20
  • Allah a ordonné la bonté et le respect de chaque chose. Si tuer (les animaux) doit être pratiqué, faites-le de la meilleure manière qu’il soit, et quand vous égorgez, faites-le de la meilleure des façons en aiguisant bien le couteau tout d’abord, et en plaçant l’animal à son aise.” 21
  • Si quelqu’un tue un moineau par amusement, celui-ci pleurera le jour du jugement et dira “O Allah ! Cette personne m’a tué en vain. Il ne m’a pas tué pour une raison valable.” 22
  • Tout ce qui est coupé de l’animal alors qu’il est toujours vivant est “charogne”,(ce qui signifie interdit à la consommation.) 23 Ce hadith nous démontre l’interdiction de mutiler les animaux vivants.
  • Quiconque tue un moineau ou autre bête plus grosse que ça sans cause juste, il devra répondre de son acte le jour de jugement.” Les Compagnons (radhia Allâhou anhoum) demandèrent : “O Prophète d’Allah ! Qu’est-ce qu’une juste cause ?” Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) répondit : “Qu’il le tue pour manger, pas seulement pour couper sa tête et le jeter.” 24
  • Lorsque vous envoyez votre chien (pour la chasse), mentionnez le nom d’Allah ; s’il attrape le gibier et que vous arrivez à temps près de lui quand il est encore vivant, coupez son cou rapidement (de cette manière il ne souffrira pas).25
  • Imâm Mâlik (rahimahoullah) rapporte qu’à l’époque du califat de ‘Oumar Ibn al Khattâb (radhia Allâhou anhou), il passa près d’un âne qui portait des blocs de terre. Il estima que la charge était excessive pour l’animal et lui retira deux blocs. Le propriétaire de l’âne interpella ‘Omar (radhia Allâhou anhou), lui demandant de quel droit il agit ainsi. ‘Oumar (radhia Allâhou anhou) lui répondit : “Que penses-tu que je dois faire dans cette position (en tant que calife) ?”
  • ‘Oumar Ibn ‘Abdoul ‘Aziz (rahimahoullah) envoya une missive au gouverneur d’Egypte lui demandant de réduire la charge des chameaux, qui était de 500 kg à 300 kg.

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    Notes :

    1 Sourate 6 / verset 38
    2 Rapporté par Abdoul Rahmân bin Aboullah bin Mas’oûd (radhia Allâhou anhou), cité dans le Sounane de Abou Dâoud
    3 Cité dans le Sahih de Mouslim
    4 Rapporté par Ibn ‘Oumar (radhia Allâhou anhou), cité dans le Sahih de Boukhâri
    5 Sourate 11 / verset 40
    6 Sourate 27 / verset 18-19
    7 Rapporté par Ibn ‘Abbâs (radhia Allâhou anhou), cité dans le Sounan de Abou Dâoud
    8 Rapporté par Abou Hourayra (radhia Allâhou anhou),
    9 Livre 6, Chapitre 7,8 : 178
    10 Cité dans le Sahih de Mouslim
    11 Rapporté par Abou Wâqid al-Laici (radhia Allâhou anhou) ; cité dans Le Sounan de Tirmizi
    12 Cité dans le Sahih de Boukhâri
    13 Cité dans le Sahih de Mouslim
    14 Rapporté par ‘Outbah Ibn Farqad Abou ‘Abdoullah As-Soulami , cité dans le Sounan de Abou Dâoud
    15 Chapitre 2 / Verset 172
    16 Chapitre 40 / Verset 79
    17 Cité dans le Sahih de Mouslim
    18 Cité dans le Sounan de Abou Dâoud
    19 Cité dans le Sounan de Abou Dâoud
    20 Cité dans le Sahih de Boukhâri
    21 Cité dans le Sahih de Mouslim
    22 Cité dans le Sounan de Nassâ-i
    23 Cité dans le Sahih de Hâkim, les Sounan de Abou Dâoud et Tirmidhi et le Mousnad de Ahmad
    24 Cité dans le Sahih de Hâkim et le Sounan de Nassâ-i
    25 Cité dans les Sahih de Boukhâri et Mouslim

    Note : écrit par Ml Bilâl G., publié dans Al ISLAM n°178, rubrique : NOTRE RELIGION
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    Published by Hadj Abdelaziz Bernard Di Spigno - dans ACTUALITES
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