Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher Sur Le Blog

Archives

27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 08:03
 
Deux nouveaux fournisseurs sont aujourd'hui impliqués et le rappel de 210 000 boîtes de corned-beef a été ordonné.
 Delort / Le Figaro - publié le 25/01/2007

SALE ambiance dans les abattoirs français. Vendredi dernier la Direction générale de l'alimentation a demandé le rappel de 210 000 nouvelles boîtes de corned-beef sorties de l'usine choletaise Covi, spécialisée dans les préparations à base de viandes, 78 300 déjà commercialisées dans des magasins en France et 88 900 saisies dans l'usine. Au mois de décembre, c'était déjà 1,2 million de boîtes fabriquées chez Covi qui avaient été bloquées ou récupérées en urgence, dans toute l'Europe cette fois, car elles avaient été préparées avec des viandes impropres à la consommation humaine.
 

Les derniers résultats de viandes analysées chez Covi ont révélé en fin de semaine dernière que deux nouveaux fournisseurs avaient livré de la viande douteuse à Covi : Arcadie Sud-Ouest et Défial, chez qui 26 tonnes de viande ont été saisies dans le cadre de cette dernière opération. Le premier est une importante coopérative, spécialiste de l'abattage des ovins. Le second est filiale du groupe privé Alliance. Après Charal et Soviba qui avaient foruni les viandes à l'origine des premiers rappels, ce sont donc au total quatre grands abattoirs français qui sont dans le collimateur de la justice. Des établissements qui approvisionnent tous la grande distribution.

« Nous avons découvert des morceaux de viandes avec des abcès, des plaies de saignées, des hématomes qui n'auraient jamais dû être mis dans le circuit alimentaire », raconte un enquêteur. « Certains de ces produits appartiennent à une catégorie qui doit normalement être incinérée et ne convient ni à l'homme ni à l'animal », poursuit-il.
Une enquête préliminaire a été ouverte par le procureur d'Angers, Brigitte Angibaud. Les gendarmes veulent savoir si la viande avariée était réservée à Covi, ce qui laisserait soupçonner une complicité du client, où si d'autres usines de transformation ont également reçu des lots suspects qui seraient entrés dans la fabrication d'autres préparations culinaires. « Nous sommes au début de l'enquête, explique Brigitte Angibaud, pour l'instant nous ne pouvons tirer aucune conclusion. Mais les experts et les gendarmes travaillent ».
 
« Les gens se sentent peu concernés »

Chez les industriels l'affaire commence à faire du bruit. « Le corned-beef est vendu principalement chez les hard discounters, explique le directeur commercial d'une grande enseigne, les gens se sentent peu concernés. Si l'on découvrait que ce type de viande a été incorporé dans des lasagnes ou des raviolis les conséquences seraient dramatiques. » À ce stade, aucune responsabilité n'a été mise en lumière. Covi a engagé une procédure judiciaire civile contre ses fournisseurs, lesquels rejettent pour l'instant les soupçons dont ils font l'objet. Une seule certitude, des viandes destinées à la consommation animale ou vouées à la destruction ont été découvertes chez Covi. En cherchant l'origine de ces produits, les enquêteurs ont atterri chez quatre fournisseurs. 
Hier, le directeur d'Arcadie Sud-Ouest confirmait au Figaro qu'il avait fait l'objet de contrôles en lien avec l'affaire Covi mais affirmait ne pas connaître encore les résultats des analyses. Le patron du groupe Défial, lui, n'a pu être joint. « La viande est de plus en plus chère, elle a augmenté de 30 % au cours des trois dernières années, explique un fonctionnaire, les taxes d'équarrissage ont explosé. Acculés financièrement certains ont peut-être joué avec le feu ? ».
Un jeu dangereux car si les consommateurs perdent à nouveau confiance, c'est toute une profession qui risque de payer la facture. Lors de la crise de la vache folle, les ventes avaient chuté de 40 % en quelques jours. Or les signaux sont au rouge car à Marseille, la semaine dernière, un spécialiste de viande hallal s'est aussi fait pincer avec de la viande avariée dans ses frigos et, en Charente-Maritime, l'atelier de découpe de viande Sorivisa est lui aussi montré du doigt.

Partager cet article

Repost 0
Published by Hadj Abdelaziz Bernard Di Spigno - dans PRESSE
commenter cet article

commentaires