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Dimanche 16 mars 2008

Les banquiers sanctionnent les pauvres

Action collective

Les associations demandent que le droit au compte soit pleinement appliqué pour tous

« Toute personne physique ou morale domiciliée en France, dépourvue d’un compte de dépôt, a droit à l’ouverture d’un tel compte dans l’établissement de crédit de son choix ou auprès des services. »

Ce droit au compte n’est pas une revendication nouvelle mais tout simplement l’article L 312-1 du Code monétaire et financier qui devrait permettre à TOUTE PERSONNE de pouvoir ouvrir un compte comportant les 12 services bancaires de base gratuits.

 

Or, nous constatons que nombreux sont ceux qui se voient exclus de cette possibilité et notamment les étrangers, en situation régulière ou non.

Les associations signataires s’élèvent contre les trop nombreux freins rencontrés dans l’application de la procédure d’accès au droit au compte :

- Les banques refusent les passeports et cartes d’identité émis par les pays d’origine et exigent des titres de séjour en cours de validité.
- Certains titres de séjour sont refusés par les banques au motif qu’ils sont précaires (autorisations provisoires de séjour, récépissés de demande de titre…)
 
- Les récépissés constatant le dépôt d’une demande d’asile ne sont pas considérés comme des documents officiels, alors qu’ils sont émis par les préfectures.
 
- Les attestations de domiciliation administrative ou associative sont tantôt refusées, tantôt exigées (la Banque Postale à Paris exige ainsi de demandeurs d’asile hébergés chez des particuliers qu’ils produisent une attestation de domiciliation associative).
- La Banque Postale, qui est souvent sollicitée, n’ouvre pas de compte courant aux étrangers mais des Livret A, qui ne comportent pas d’autres services que le dépôt et le retrait d’argent. Il n’est pas proposé de moyens de paiements. Les demandeurs d’asile, SDF, apatrides et gens du voyage se voient même refuser l’accès à une carte de retrait.
   
Toute décision bancaire doit faire l’objet d’une notification écrite, en particulier si elle est négative. Faute de quoi il s’agit d’une violation de l’article L 312-1 du Code monétaire et financier, qui prévoit la saisine de la Banque de France en cas de refus. 
Or, il apparaît que les banques opposent des refus verbaux aux guichets et ne délivrent pas d’écrits aux populations étrangères, ce qui les empêche de faire exercer leurs droits auprès de la Banque de France. Par ailleurs, même lorsqu’il y a un refus écrit, la Banque de France, qui désigne alors l’établissement, ne contraint pas celui-ci à ouvrir effectivement un compte courant.
La liste de ces dysfonctionnements est longue, trop longue et forcément injuste. D’autant plus injuste que cette non application touche plus durement les personnes démunies.
L’exclusion financière est alors profonde et l’on sait que celle-ci renforce durablement l’exclusion sociale.

Nous, associations signataires, demandons que les débats actuels autour de la nouvelle organisation des services bancaires et de l’avenir du Livret A s’attachent à interdire ces pratiques discriminatoires et illégales, et à rendre enfin effectif l’accès au droit au compte.

Nos associations demandent que la loi soit respectée : un compte bancaire pour tous, car tous y ont droit !

12 mars 2008


Signataires : Association de solidarité aux familles roumaines, ATMF, Autremonde, Cimade, Comede, Copaf, Catred, Collectif national droits de l’Homme Romeurope, Classes, Dom’Asile, Emmaüs-France, Fapil, Gisti, Hors la Rue, LDH, Mrap, Procom, Réseau solidarités Roms, RESF, RomsAction, Solidaires, Une famille un toit 44.

par Hadj Abdelaziz publié dans : FINANCE
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Vendredi 14 décembre 2007

Le premier forum français consacré à la "finance islamique" se tient aujourd’hui, à Paris. L’alliage des exigences du Coran et de la science des chiffres avaient jusque là rebuté les acteurs français du secteur financier. Mais face aux taux de croissance de la finance islamique et à l’augmentation de la population musulmane, ils ont décidé d’affronter l’urgence : adapter le système français à ce nouveau partenaire. La finance islamique répond à une double éthique, fixée par le Coran : interdiction des intérêts et investissement dans des domaines conformes à la charia. Impossible donc de placer son argent dans des entreprises de jeux de hasard ou de produits alcoolisés. Seuls les établissements respectant cette charte professionnelle peuvent espérer une collaboration.
Imaginé au début des années 70, dans les pays du Golfe, le système s’est beaucoup développé en Grande-Bretagne ou au Japon, où un nombre croissant de grands établissements (banques ou sociétés d’assurance majoritairement) créent des filiales ou des pôles islamiques.

En France, le marche reste à développer. Incompréhension, méfiance, frilosité… Face aux réactions de la finance nationale à l’industrie "Sharia compliant" comme elle est appelée, et au souci d’accroître la compétitivité du secteur, la Chambre de commerce franco-arabe et Secure Finance (une association d’expertises financières) ont décidé d’organiser un forum de discussion, aujourd’hui, au salon de la Maison des Arts et Métiers, à Paris. Au programme, des tables rondes de réflexion sur "Islam et finance", "Finance islamique dans l’économie globale ", etc.
Un objectif : parvenir à intégrer la finance islamique dans le système français et récupérer ainsi des parts de marchés conquises par d’autres pays, pourtant loin d’être anodines. La finance islamique enregistre des taux de croissance d’environ 11% depuis une dizaine d’années.

Le programme de la journée et le nom des participants :
http://www.forumfrancais-financeislamique.com/



Lien WEB pour approfondir

ISLA-INVEST : Société Française de conseil en investissement

RIBH : Observatoire de la finance halal

♦  Etude d'André Martens du Centre de recherche et développement en économique (C.R.D.E.) de l’Université de Montréal,   La finance islamique: fondements, théorie et réalité
♦ 
La finance islamique est en marcheElle gagne du terrain, mais se heurte à des problèmes de réglementation particuliers. Un article de Mohammed El Qorchi, dans Finances & Développement de décembre 2005, un magazine trimestriel publié en cinq langues par le Fonds Monétaire International.

par Hadj Abdelaziz publié dans : FINANCE
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Lundi 12 novembre 2007

Le boom des fonds islamiques

Le senat Français a publié un rapport sur le nouvel "âge d'or" des fonds souverains au Moyen-Orient. Ce rapport est accessible au lien suivant :
http://www.senat.fr/rap/r07-033/r07-033.html

Concernant la finance islamique, on peut lire ldans le rapport les deux points suivants :


UNE SPÉCIFICITÉ : LA TECHNIQUE DE LA « BANQUE ISLAMIQUE »
1. Conformer la finance aux principes de l’Islam

L’ensemble des règles de conduite régissant la vie privée et publique des musulmans est codifié par la Charia, ou loi islamique.
Afin de rendre compatible la finance avec l’éthique musulmane, « la finance islamique » a vu le jour dans les années 1970. Celle-ci se définit donc comme un ensemble de produits financiers conformes à la Charia.
Ainsi, ne peuvent pas être investis dans des opérations associées à l’alcool, au tabac, à la pornographie et aux paris.
Tous les produits financiers islamiques doivent être approuvés par des ulemas, spécialistes de la Charia, habilités à se prononcer sur la conformité d’un produit financier avec la loi islamique. Ainsi cette dernière réprouve la « riba » (l’usure) à savoir le fait de « rémunérer l’argent » lui-même (versets 275 et 276 de la 2ème sourate du Coran [
1]). Le mécanisme juridique consiste donc à trouver un « bien réel intermédiaire », actif non monétaire, qui constitue le véhicule porteur des produits financiers islamiques. Pour l’achat d’un bien immobilier, c’est la banque qui achète le bien et le loue à son client (ijara ou crédit bail) et/ou le lui revend en différé (murabaha).
Cette technique est éprouvée et n’engendre qu’un faible coût supplémentaire d’intermédiation, qui ne semble pas constituer un frein, surtout au regard de l’importance du marché ouvert aux établissements financiers devenus « charia compliants », marché sur lequel les banques anglo-saxonnes sont particulièrement présentes et qu’il convient donc de ne pas délaisser.

 2. Un marché en plein essor.
Les données chiffrées concernant la finance islamique restent très partielles et sont donc sujettes à caution. Les actifs gérés par les banques islamiques, à ce jour, seraient limités à 265 milliards de dollars. La DGTPE les estime à 500 milliards de dollars, soit dix fois plus qu’il y a vingt ans. Les investissements financiers sont évalués à plus de 350 milliards de dollars par Standard & Poor’s (dont 300 milliards de dollars au Moyen-Orient). Le stock d’obligations islamiques (sukuks) a atteint 47 milliards de dollars en 2006. Ce montant a été multiplié par 6 en quatre ans selon le FMI, même s’il reste encore faible au regard des 4.700 milliards de dollars d’émissions obligataires d’entreprises dans le monde. Le DIFC estime, quant à lui, qu’ils ont atteint 70 milliards de dollars.
En revanche, il s’agit d’un marché à très fort potentiel de développement, en croissance de 15 % par an. La recherche statistique sur la finance islamique est néanmoins peu développée et il est, là encore, difficile de vérifier ces chiffres.
Ce marché est très suivi par les grandes banques internationales (au premier rang desquelles HSBC, Deutsche Bank, Citigroup) qui ont bien perçu le potentiel que représente une population musulmane en forte croissance (1,5 milliard de personnes aujourd’hui, 2,5 milliards de personnes en 2020), notamment en Asie.
Il y a là, à l’évidence, matière à réflexion, pour les acteurs européens continentaux et notamment français, la City disposant déjà de plusieurs années d’expérience. En effet, depuis 2004, le Royaume Uni est le seul pays occidental dans lequel la finance islamique est significativement implantée, le gouvernement ayant modifié sa législation [
1] afin de développer ce secteur et de faire de Londres « le portail occidental et le centre mondial de la finance islamique" [2]. L’Institut de la bourse britannique, en partenariat avec l’Ecole supérieure des affaires libanaise, a créé en octobre 2006 le premier diplôme mondial de finance islamique, l’ « Islamic Finance Qualification ». Une qualification attractive dans la mesure où les professionnels de la finance islamique sont de plus en plus recherchés.
Comme votre délégation a pu le constater, le Crédit Agricole et BNP Paribas disposent déjà de départements spécialisés dans leurs établissements du Golfe (à Bahreïn), tandis que la filiale de la Société générale SGAM AI a annoncé, en juillet 2007, le lancement de produits financiers conformes à la Charia.

  Rapport d’information n° 33 (2007-2008) de MM. Jean ARTHUIS, Philippe MARINI, Aymeri de MONTESQUIOU, Philippe ADNOT, Michel MOREIGNE et Philippe DALLIER, fait au nom de la commission des finances, déposé le 17 octobre 2007

[1] Suppression du double droit de timbre des prêts immobiliers, la banque islamique achetant le bien puis le revendant au client à échéance du prêt.

[2] Déclaration de M. Gordon Brown, alors Chancelier de l’échiquier, le 13 juin 2006.

par Hadj Abdelaziz publié dans : FINANCE
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Samedi 17 février 2007

BID/Finance islamique: Le détail des solutions «halal»

Jeddah, 27 Muharram/16 fév. source IINA : Agence Islamique International de Presse

La Banque Islamique de Développement (BID) a défini en détail l’ensemble des solutions de financement halal adaptées par les financiers islamiques contemporains au contexte actuel. Et ou mais l’ingéniosité des banques commerciales a donné naissance à de nouvelles formules.
Le partenariat passif ou moudaraba: cette formule peut être assimilée au capital investissement (private equity). La BID la définit comme étant un contrat entre le propriétaire du capital (rabb al mal) et l’entrepreneur appelé moudarib. Le profit est réparti entre les deux parties en fonction d’un ratio défini au moment de la signature du contrat. «La perte financière incombe au propriétaire du capital ; la perte du manager étant le coût d’opportunité de sa force de travail qui a échoué à générer un surplus de revenu», commente la BID. A noter que les gestionnaires n’ont pas à garantir un niveau de rentabilité au bailleur. Ils ne peuvent être mis en cause qu’en cas de mauvaise gestion de l’affaire.
Dans les bilans des banques islamiques, les dépositaires de fonds sont considérés comme des rabb al mal et la banque comme moudarib. Le rôle de la banque islamique diffère vis-à-vis du porteur du projet. Elle agit en tant que rabb al mal face au manager considéré comme moudarib. A noter que ce dernier ramène généralement des fonds propres à côté des financements bancaires.
Partenariat actif ou mousharaka: c’est un contrat similaire à la moudaraba. Sauf que les deux partenaires participent à l’apport du capital et à la gestion de l’affaire. Les bénéfices sont répartis selon des ratios prédéterminés alors que les pertes sont supportées en fonction de l’apport initial de chacun.
Contrat de vente avec marge bénéficiaire (mourabaha):Dans ce contrat, le client donne l’ordre à la banque d’acheter pour son compte une marchandise au comptant. Il s’engage ensuite à reprendre ce bien par le biais d’un paiement différé moyennant une marge bénéficiaire versée à la banque. Ce paiement peut faire l’objet d’un seul versement ou être réparti sur plusieurs échéances.
La banque est amenée à signer deux contrats dans cette formule. Le premier avec le fournisseur de la marchandise et le second avec le client qui doit auparavant donner un ordre d’achat. A noter que le premier contrat doit indiquer le nom du donneur d’ordre d’achat.
Leasing ou ijara: L’objet principal de ce contrat n’est autre que l’usufruit généré par l’exploitation du matériel acquis dans le cadre du contrat de leasing. Ce profit est vendu à la société de leasing à un prix prédéterminé, selon la définition de la BID. «Le bailleur garde la propriété du bien avec tous les droits et les responsabilités qui en découlent».
La finalisation de ce contrat demande aussi un ordre d’achat exprimé par le client final. Sauf que ce dernier s’engage à louer et non à acheter le bien comme c’est le cas dans la mourabaha. Cette formule sollicite donc trois types d’engagements: un ordre d’achat, une promesse de location et un contrat de leasing.
La location aboutissant à l’achat: il s’agit dans ce cas de transférer la propriété du bien au locataire à la fin du contrat de leasing. La doctrine de la finance islamique propose trois méthodes pour réaliser ce transfert. Il peut soit faire l’objet d’un don ou d’un contrat de vente. Le document portant sur la deuxième option ne peut être signé qu’à la fin de la période de bail. «Les annuités de location sont calculées d’une manière à inclure la récupération du coût de revient en plus de la marge de profit désirée», indique la BID.
Contrat de sous-traitance ou al istisnaâ: dans cette formule, le donneur d’ordre commande au fournisseur de lui fabriquer une marchandise dont les caractéristiques sont prescrites dans le contrat. Ils se mettent aussi d’accord sur le délai de livraison, le prix et la date de paiement. L’engagement des deux parties est irrévocable, même si le paiement peut être différé.
Financement par traitance ou al istisnaâ tamwili: c’est là qu’intervient la banque islamique. Elle assure le financement du coût de production que le bénéficiaire s’engage à payer en différé. Dans ce premier contrat, c’est la banque qui s’engage à livrer la marchandise à la date convenue. La somme convenue est versée au fournisseur en contrepartie de la fabrication du bien. Cette deuxième transaction fait l’objet d’un contrat d’istisnaâ entre la banque et le fournisseur.
La vente à terme ou salam: c’est un contrat où le prix est payé au moment de la signature alors que la livraison du bien est remise à une date ultérieure fixée à l’avance. «Le contrat de salam ne convient généralement qu’aux bien fongibles», indique la BID. Pour être conforme aux prescriptions de la Charia, cette formule doit faire l’objet de deux contrats indépendants l’un de l’autre. Le premier engage la banque à acheter les marchandises auprès du fournisseur en contrepartie d’une avance tout en fixant la date de livraison en fonction des exigences de son client. Une fois ce contrat conclu, elle peut revendre la marchandise par le biais d’un contrat salam ou de versements échelonnés.
Inventions halalisées
Obligations (Soukouk): les banques islamiques du Golfe ont inventé une solution pour émettre des obligations. Les émissions sont censées correspondre à des projets déterminés. Les profits versés annuellement sont assimilés aux gains que ces projets devraient générer.
Crédit à la consommation (Taouarouk): c’est le dernier des produits islamiques. Une solution qui a permis d’accorder des crédits à la consommation présumés halal. La somme prêtée au départ correspond au prix d’achat par la banque auprès de son client d’une quantité déterminée d’un sous-jacent (cuivre, argent…). Le remboursement est matérialisé par le rachat du client auprès de sa banque de la même quantité du sous-jacent mais à un prix supérieur.
Assurance ?...Pourquoi pas takafoul? Les théoriciens de la Charia sont unanimes à dire que le système des assurances est interdit du point de vue religieux. Cette interdiction a donné lieu à un système de mutuelles solidaires (takafoul). Les souscripteurs mettent en commun des sommes d’argent qui leur permettent de se prémunir contre les sinistres matériels et immatériels. La «police» correspond au risque couru par l’ensemble des membres. Elle varie en fonction du taux de sinistralité.
AH/IINA

par Hadj Abdelaziz publié dans : FINANCE
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Jeudi 18 janvier 2007
Catalogue de documentations sur la finance islamique publiées par l'Islamic Reserch and Training Institute

http://www.irtipms.org/puballf.asp
par Hadj Abdelaziz Bernard Di Spigno publié dans : FINANCE
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Samedi 13 janvier 2007
 
Dette, Droits de l’homme et Migrations(PNG)

Selon le credo de l’économie mondialisée et libérale, les marchandises doivent pouvoir circuler librement dans un monde "ouvert". Il n’en est pas de même pour les humains et l’actualité nous en donne la preuve régulièrement. La dette et les plans d’ajustement structurel qui en ont été la conséquence, ont déstructuré les économies et la vie sociale des pays qui en sont les victimes, au mépris des plus élémentaires droits de l’Homme. Dans cet exposé nous établissons le lien entre la dette et les migrations et, si nous demandons une annulation totale et inconditionnelle de la dette, nous nous positionnons aussi fermement pour la liberté de chacun de circuler et de s’installer à l’endroit de son choix.

par Roseline Péluchon , Véronique Racine

 

26 décembre 2006

 

 

HISTORIQUE DE LA DETTE

Qu’est-ce que la dette, quel est le rôle des institutions financières internationales et des Etats du Nord ? La dette est un outil dont se servent les institutions financières internationales et les Etats du Nord pour imposer une même logique économique et financière qui génère et maintient dans une extrême pauvreté des régions entières qui possèdent pourtant d’énormes richesses. Elle est la conséquence de choix géopolitiques ou géostratégiques des pays riches afin de subordonner les pays pauvres à l’idéologie dominante.

La dette totale de l’ensemble des pays en voie de développement est de 2800M$, pour 85% de la population mondiale, c’est à dire 5 milliards d’individus. Il faut mettre cette somme en parallèle avec le montant de la dette des USA qui est 36 000 Milliards $ pour 300 millions d’individus, et la dette totale mondiale est de 60 000 milliards de dolloars. On voit donc que la dette des pays en voie de développement est une somme dérisoire en matière de finance mondiale et pourtant la dette et les institutions financières internationales tuent en masse : selon le PNUD, 30000 enfants meurent chaque jour de causes qui auraient pu être évitées s’ils avaient eu accès aux soins.

Les pays du Sud ont été poussés à s’endetter dans les années 60 et 70 sous la pression de 3 acteurs : les banques, les institutions financières internationales et les Etats du Nord. Chacun d’eux avait intérêt à ce qu’ils s’endettent.

Dans les années 60, les banques occidentales regorgent d’eurodollars issus du plan Marshall,pour lesquels elles recherchent des débouchés : les Pays du Sud sont justement à la recherche de fonds pour financer leur développement, notamment les pays d’Afrique qui viennent d’acquérir leur indépendance et les pays d’Amérique latine. Au moment du choc pétrolier de 1973, les pays producteurs de pétrole placeront leurs dollars dans les banques occidentales qui prêteront aussi ces pétrodollars aux pays du Sud. Ces prêts des banques privées aux pays du Sud constituent la part privée de la dette. Au même moment, le choc pétrolier provoque une période de récession dans les pays du Nord. Le chômage et la baisse du pouvoir d’achat font que les marchandises produites au Nord ont du mal à trouver des acheteurs. Les pays riches décident alors de prêter aux pays du Sud afin de trouver des débouchés à leurs marchandises. C’est le plus souvent une aide liée : un pays du Nord prête à un pays du Sud qui en échange lui achète ses marchandises. C’est la part bilatérale de la dette, dette d’Etat à Etat. Enfin, le troisième acteur de la dette est la Banque Mondiale. Fondée en 1944, elle passe en 1968 sous la présidence de Robert McNamara. Celui-ci va utiliser la Banque Mondiale pour contrecarrer l’influence soviétique et les tentatives nationalistes que l’on voit naître dans certains pays nouvellement indépendants.De 1968 à 1973, la Banque mondiale va accorder davantage de prêts que pendant toute la période 1945-1968. Ces prêts sont accordés pour soutenir les alliés stratégiques des Etats Unis(Mobutu au Zaïre, Suharto en Indonésie, les dictatures au Brésil puis en Argentine et au Chili), ou pour soumettre les pays qui tenteraient d’obtenir leur indépendance économique (Nasser en Egypte, Sukarno en Indonésie...). Ils constituent la part multilatérale de la dette.

Au tournant des années 80, les règles du jeu vont changer et précipiter les pays du Sud dans la crise de la dette. Fin 1979, Paul Volcker, le directeur de la Réserve Fédérale américaine,décide une forte augmentation des taux d’intérêt américains afin de relancer la machine économique américaine en attirant les capitaux. Les pays du Sud avaient emprunté à des taux faibles, mais indexés aux taux américains, et voient brusquement leurs taux d’intérêt passer de 4-5% dans les années 70 à 16-18%. A la même période, les cours des matières premières s’effondrent. Afin de rembourser les prêts, les pays du Sud doivent se procurer des devises par leurs exportations. Ils produisent de plus en plus pour exporter plus : café, cacao, coton, sucre, minerais, etc... arrivent en masse sur le marché mondial, en même temps que la récession au Nord diminue la demande provoquant une baisse des cours. La hausse des taux d’intérêt décrétée unilatéralement au nord et l’effondrement des cours des matières premières, ont précipité les pays endettés dans la crise de la dette. Dès 1982, 14 pays se déclarent en cessation de paiement, c’est à dire incapables à la fois de gérer leur quotidien et de rembourser leur dette. A ce moment les 7 pays les plus riches de la planète mandatent le Fond monétaire international, institution financière issue des accords de Bretton Woods comme la Banque mondiale, pour qu’il mette en place les moyens pour assurer les remboursements : ce sont les fameux Plans d’ajustement structurel. Il est important de noter qu’au sein des institutions financières internationales, les 9 pays les plus riches ont 50% des voix (dont plus de 15% pour les USA, ce qui leur octroie une minorité de blocage) tandis que les 45 pays africains se partagent à eux tous environ 5% des voix ! Les Etats du Nord sont donc bien les vrais décideurs au sein des institutions financières internationales.

La dette a été le prétexte pour imposer aux pays du Sud les plans d’ajustement structurel qui ont semé misère et pauvreté et ont déstructuré toute organisation collective et sociale.

PRINCIPALES MESURES CONTENUES DANS LES PLANS D’AJUSTEMENT STRUCTUREL ET CONSEQUENCES SUR LES DROITS DE L’HOMME

Rappelons d’abord 3 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Article 25

Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.

Article 26

Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

Article 28

Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

Les objectifs poursuivis par les programmes dits d’ajustement peuvent se résumer ainsi : assurer le paiement régulier de la dette, ouvrir tous les domaines d’activité d’un pays aux relations marchandes et au capitaux étrangers, prémunir les transnationales contre toute mesure de nationalisation et contre toute contrainte spécifique imposée par un pays donné. Mais nulle attention à la satisfaction des besoins élémentaires des citoyens concernés. De plus, les mêmes "recettes" sont appliquées à l’échelle planétaire, sans tenir compte des différences de conjonctures, économique, historique, ou politique des pays concernés. Nous allons détailler ces mesures.

1. Abandon des subventions aux produits et services de première nécessité

Le Fond monétaire international et la Banque mondiale exigent la suppression des subventions qui permettent de maintenir à un prix abordable pour les plus pauvres la nourriture de base et d’autres biens et services vitaux. Le prix des aliments de base (huile, sucre, riz, lait, etc...) augmente, ainsi que celui du combustible servant à leur préparation mais aussi à l’acheminement vers les marchés des produits agricoles dont les prix de vente répercutent cette hausse. Cela compromet donc le droit à l’alimentation et l’accès à l’eau potable. On a ainsi assisté en 91 au Pérou à une multiplication par 12 du prix du pain en une nuit ; en Zambie en 86, le prix des denrées alimentaires a été augmenté de 120%. Ces mesures sont à l’origine de nombreuses "émeutes de la faim",en 89 au Venezuela ou en Jordanie, en 91 au Pérou, en 99 en Côte d’Ivoire, en 2005 au Niger.

2. Diminution drastique des dépenses publiques afin d’atteindre l’équilibre budgétaire

C’est ce que l’on appelle en France "mesures d’austérité budgétaire", frappant toutes les catégories de dépenses publiques : coupes franches dans les budgets sociaux (éducation, santé, logements, infrastructures), gel des salaires et licenciements dans la fonction publique. Les institutions financières internationales insistent sur le principe de "recouvrement des coûts" auprès des utilisateurs des services publics et au désengagement de l’Etat par rapport aux services de base, la santé et l’éducation. Un rapport de l’UNESCO de 1996 montre qu’en Afrique Subsaharienne, le pourcentage d’enfants de 6 à 12 ans scolarisés est tombé de 55% en 79 à 45% en 95. Et pourtant l’article 26 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme stipule que toute personne dispose du droit à l’éducation. Réduction donc des budgets sociaux, mais pendant ce temps, les Etats continuent à payer la dette, et l’on arrive à des répartitions budgétaires telles que 40% du budget des pays en voie de développement sont consacrés au service de la dette contre 4 à 15% aux services sociaux de base.

Cela compromet aussi le droit à la santé, au logement et à un emploi. De plus, en imposant leurs choix économiques aux pays, les institutions financières internationales privent leur population de leur droit à la souveraineté.

3. Dévaluation de la monnaie

La dévaluation a pour fonction de rendre les produits locaux qui sont exportés moins chers et donc plus compétitifs sur le marché mondial. Cependant, pour récupérer la même quantité de devises, il faut vendre davantage, ce qui profite surtout aux grandes plantations commerciales ou aux exportateurs agro-industriels. D’autre part, il se peut que plusieurs pays effectuent la même opération en même temps, se mettant en concurrence et gommant les gains qui auraient pu être obtenus. Dans le même temps, la dévaluation fait que les produits importés deviennent plus chers, les rendant inabordables aux plus démunis. De plus, on a pu voir que ces dévaluations constituent un encouragement à la spéculation contre la monnaie nationale : les riches vendent la monnaie nationale pour acheter des devises ou placent les capitaux à l’étranger avant la dévaluation, pour les rapatrier après, engrangeant les bénéfices.

4. Augmentation des taux d’intérêt pour attirer les capitaux étrangers

Le problème est que, le pays étant en crise, les capitaux étrangers ne viennent pas, ou alors viennent en vue d’une spéculation à court terme,ce qui peut entraîner, en cas de spéculation immobilière, une hausse des prix des logements ou des terrains, limitant encore l’accès au logement. D’autre part, les petits producteurs ou les petites entreprises qui empruntent pour acheter leurs semences, herbicides, machineries,etc... voient leur capacité d’emprunt diminuée, ce qui entraîne une chute de la production, ou se voient étranglés par des prêts impossibles à rembourser, ce qui entraîne des faillites et donc augmente le chômage.

5. Production agricole tournée vers l’exportation au détriment des cultures vivrières

Pour se procurer les devises nécessaires au remboursement de la dette, les pays en voie de développement doivent accroître leurs exportations et sont incités à abandonner les cultures vivrières traditionnelles destinées à l’alimentation des populations. Elles sont remplacées par un ou quelques produits agricoles d’exportation (soja, café, cacao), ou une ou quelques richesses minières ou l’exploitation d’une activité primaire comme la pêche. Dans 20 pays africains, 1 seul produit de base compte pour 60% des exportations. La fragilité de l’économie s’en trouve accrue car dépendante du cours de cette ressource sur le marché mondial. Et localement, l’abandon des cultures vivrières traditionnelles accroît les déséquilibres alimentaires. Il est frappant de noter que selon le dernier rapport de la FAO, les paysans sont les plus touchés par la malnutrition (« 70% de ceux qui ont faim dans le monde vivent en milieu rural » selon la FAO).

D’autre part la recherche d’un accroissement continu de la production (pour faire entrer les devises, pour rembourser la dette) entraîne des dégâts écologiques tels la déforestation, l’érosion des sols et l’atteinte à la biodiversité, ceci constitue une atteinte au droit à un environnement sain.

Les taux moyens de croissance annuelle de la production vivrière par habitant ont été négatifs entre 1979 et 1997. Un exemple l’illustre parfaitement : au Malawi, qui était autrefois un exportateur net de produits alimentaires, la production de maïs a chuté de 40 % en 1992, mais la production de tabac a doublé entre 1986 et 1993.

6. Ouverture totale des marchés par la suppression des barrières douanières

Le but officiel est de favoriser les consommateurs en faisant baisser les prix sur le marché local. Mais en fait cela permet surtout aux multinationales étrangères mieux armées financièrement et technologiquement, souvent subventionnées dans leur pays d’origine, de conquérir des parts de marché et de s’imposer, provoquant la disparition des producteurs locaux. Un exemple : depuis 1999, les importations de poulets congelés en provenance d’Europe augmentent chaque année de près de 20% en Afrique, entraînant la ruine des petits producteurs locaux.

Le mouvement paysan international Via Campesina réclame le droit des populations à définir leur politique agricole et alimentaire, incluant le choix d’une agriculture respectueuse des besoins des populations et de l’environnement.

7. Libéralisation de l’économie, suppression du contrôle des mouvements de capitaux et du contrôle des changes

Elle vise à ouvrir totalement les économies des pays en voie de développement aux investissements, aux produits et services des multinationales des pays du Nord, afin de répondre à leurs desiderata de produire ce qu’elles veulent, où elles veulent et de rapatrier leurs bénéfices sans aucun obstacle et sans aucune retenue. Rapatriements vers les banques du Nord des profits par les multinationales implantées dans les pays en voie de développement, mais aussi "délocalisations" des capitaux des riches des pays en voie de développement vers les pays du Nord, au lieu de les investir dans les économies locales, création de "bulles" spéculatives boursières ou immobilières comme en Asie du Sud Est dans les années 90. Dès les premières difficultés économiques, les capitaux repartent, en déstabilisant le pays qu’ils fuient.

Elles favorisent aussi les mouvements de fonds en rapport avec les activités illégales et criminelles (et parmi elles, le trafic des êtres humains dont le chiffre d’affaire annuel est estimé à plus de 12 millions d’euros). Le blanchiment de l’argent sale est facilité par ces réformes. Bel exploit pour des institutions financières internationales qui prônent la lutte contre la corruption !

A titre de comparaison, en 2003, ces rapatriements de profits par les filiales de multinationales installées en Afrique subsaharienne vers leur maison mère se sont élevés à presque autant que l’ensemble des investissements étrangers sur le continent (8,5 milliards de dollars). Elles reprennent d’une main ce qu’elles donnent de l’autre... Ceci revient à l’appropriation des matières premières par les multinationales : pour citer un exemple, la compagnie TOTAL FINA ELF rapporte 12 milliards d’euros à l’Europe, ce qui représente le double des subventions de l’aide au développement.

8. Adoption d’une TVA élevée qui aggrave encore les inégalités

La suppression de barrières douanières diminue les recettes fiscales de l’Etat, qui adopte alors une fiscalité élargie : abandon de la progressivité de l’impôt, TVA généralisée pénalisant une fois encore les plus pauvres et baisse de l’impôt sur les sociétés. Les augmentations de la TVA sont régulièrement à l’origine d’émeutes anti-FMI [1].

9. Privatisation massive des entreprises publiques et en particulier les secteurs dits rentables

Cette privatisation est toujours liée à la renégociation de la dette. Elle consiste surtout en une vente à prix bradés des entreprises publiques, profitant aux multinationales ou aux proches du pouvoir. L’argent récolté passe directement au remboursement de la dette au lieu d’être mis au service des besoins de la population. Ces ventes au privé s’accompagnent de licenciements massifs et de réduction des services essentiels auxquels les populations avaient accès (chemins de fer, soins de santé, eau potable...). Point crucial, l’État perd le contrôle d’éléments stratégiques pour le développement et pour le bien-être des populations locales.

En conclusion, citons un extrait du rapport de Fantu Cheru, expert indépendant à la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU en 1999 : "Il y a près de deux décennies que l’application à grande échelle de Plan d’ajustement structurel a débuté d’un bout à l’autre du Sud, et 20 ans constituent une période assez longue pour qu’on puisse avoir une idée de leur efficacité en terme de développement socioéconomique global. L’expérience montre que les politiques d’ajustement structurel ne sont pas compatibles avec les impératifs du développement à long terme des pays en développement. Les faits réfutent l’argument de la Banque mondiale et du Fond monétaire international selon lequel les Plans d’ajustement structurel font reculer la misère et renforcent la démocratie. Au contraire, les Plans d’ajustement structurel ont été conçus selon les principes du laisser-faire qui privilégient, au détriment des libertés civiles et de l’autogestion, l’efficience, la productivité et les groupes participant au commerce d’exportation et à l’échange international. D’un continent à l’autre le bilan est le même : malgré deux décennies de politiques d’austérité, aucun des pays qui s’y sont soumis n’a connu de retournement ; les niveaux de vie de la majorité a fortement diminué. La réforme était nécessaire pour donner satisfaction à des créanciers extérieurs qui exigeaient que le service de la dette soit assuré mais n’a pas profité à un développement axés sur l’être humain. La plupart ont au contraire replongé dans des inégalités croissantes, la dégradation écologique, la désindustrialisation et la misère."

Malgré les objectifs officiels des prêts d’ajustement, la dette a augmenté et les données recueillies montrent que les Plans d’ajustement structurel compromettent les droits humains fondamentaux sociaux, économiques et politiques (dont le droit au travail, à l’alimentation, au logement, à la santé ,à l’éducation et au développement). La dette et les Plans d’ajustement structurel ont donc des effets désastreux sur les conditions de vie des populations du sud et alimentent ainsi les flux migratoires.

MIGRATION ET MODELE ECONOMIQUE

Même si les migrations ont aussi d’autres motivations, culturelles par exemple, elles sont essentiellement liées au modèle économique qui résulte de l’action des institutions financières internationales, par l’intermédiaire de la dette. Voici comment :

Les migrations existent depuis l’aube de l’humanité et l’économie mondiale ne serait pas ce qu’elle est sans les migrations : migrations de peuplement d’abord, migration forcée de l’esclavage, migration « chair à canon » dans la lutte contre le nazisme par exemple et migration des travailleurs enfin, que l’on allait chercher dans leurs villages pour servir l’agriculture, l’industrie ou reconstruire l’Europe après la guerre. Ce n’est qu’avec la récession économique mondiale que les migrations ont été considérées comme un problème.

Nous rappelons que l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme stipule : 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat, 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Principaux mouvements migratoires : régions d’origine, régions de destination

Nous nous sommes appuyées sur le rapport de la Commission Mondiale sur les Migrations Internationales 2005 (dont le travail a servi de support à Kofi Annan pour l’ONU) et le dernier rapport du Haut-Commissariat aux Réfugiés intitulé "Réfugiés - Tendances mondiales en 2005", du 9 juin 2006.

En 2005, le nombre de migrants atteindrait, dans le monde, 200 millions, soit 2 fois plus qu’il y a 25 ans mais à peine 3% de la population mondiale.

Ce chiffre est en augmentation très rapide (82 millions en 1970, 175 millions en 2000), et plus rapide que celle de la population mondiale, ce qui signifie que le fait migratoire n’est pas lié à la seule démographie. La proportion de femmes a considérablement augmenté ces dernières années, elles représentent actuellement 50% des migrants.

Si 60% d’entre eux vivent dans les régions développées, 40% restent donc dans des régions peu développées ; cela signifie que « nous n’accueillons pas toute la misère du monde » contrairement à ce suggérait un homme politique français il y a quelques années pour justifier sa politique d’immigration.

L’Europe est le premier continent d’immigration (UE 18% des migrants plus ancienne URSS 17%) mais la proportion vivant en Amérique du Nord augmente, l’attraction de l’Europe diminue.

Les migrants se répartissent de la façon suivante :
-  56,1 millions vivent en Europe (y compris ancienne URSS) ; ils représentent ainsi 7,7% de la population européenne
-  49 millions en Asie
-  40 millions en Amérique du nord, représentant 13% de la population
-  16 millions en Afrique
-  6 millions en Amérique latine
-  5,8 millions en Australie

Le pourcentage de migrants vivant en Amérique du Nord et dans l’ancienne URSS a augmenté de 1970 à 2000 mais a baissé dans les autres régions du monde (passant de 23% à 18% des migrants en Europe).

Les principaux pays d’émigration sont la Chine (35 millions d’émigrants), l’Inde (20 millions) et les Philippines (7 millions). Les principaux pays d’accueil sont les USA (20% des migrants du monde), la Fédération de Russie et l’Allemagne.

Principaux motifs de migration

"Officiellement, on distingue trois motifs de migrations : le regroupement familial, l’asile politique et le travail. Dans la pratique, les raisons familiales, économiques et politiques se mélangent souvent. Et il ne faut pas oublier que les populations les plus pauvres des pays les plus pauvres ne migrent pas car elles n’en n’ont pas les moyens." Il faudrait ajouter un autre motif qui n’est pas encore reconnu comme une cause « officielle » de migration mais qui ne manquera pas de l’être hélas, dans les années à venir : ce sont les causes écologiques.

1. Le regroupement familial

C’est un droit stipulé dans l’article 16 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « La famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’Etat ». L’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme dispose pour sa part que « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ». Ces personnes viennent donc rejoindre le plus souvent, un membre de leur famille qui a migré pour une raison économique ou politique.

2. Les migrations pour motifs politiques, liées à des régimes répressifs, à des guerres ou à des déplacements forcés

Selon le HCR, le nombre de personnes déracinées a approché en 2005 les 21 millions. Au cours des 20 dernières années, c’est l’Afghanistan qui a produit le plus grand nombre de réfugiés et c’est l’Iran qui a accueilli le plus grand nombre de demandeurs d’asiles (4,5 millions), suivi par le Pakistan. Fin 2005, à eux deux, ces pays hébergeaient 1 réfugié sur 5 dans le monde. Beaucoup de demandeurs d’asiles viennent de pays en voie de développement et sont accueillis pour les 3/4 par d’autres pays en voie de développement. Le dernier rapport du HCR note une baisse de 14% des demandes d’asile dans les pays industrialisés par rapport à l’année dernière. L’Europe ne reçoit qu’1/3 des demandes d’asile, mais reste en tête des demandes dans les pays industrialisés, devant l’Amérique du Nord. Les demandeurs sont principalement originaires de Chine, d’Irak, de Serbie-Monténégro, de Russie, et de Turquie.

Deux points à noter : on voit d’une part que ces demandeurs d’asile sont originaires de zones de conflits armés ou de dictatures et ne sont pas des migrants économiques comme les discours officiels voudraient nous le faire croire, et d’autre part on constate aussi qu’ils ne sont pas originaires des zones de conflits situés dans les régions les plus pauvres comme la République démocratique du Congo ou l’Angola. Disons le une fois encore, nous n’accueillons pas toute la misère du monde !

Le rapport du HCR signale une augmentation du nombre de "déplacés internes", personnes vivant dans des situations similaires à celles des réfugiés mais dans leur propre pays : 6,6 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leurs frontières nationales. La Colombie à elle seule compte 2 millions de déplacés. Et on pense bien entendu au Soudan, où fin 2005 le HCR dénombrait 842 000 déplacés.

Il faut rappeler ici le soutien des Institutions financières internationales aux dictatures, que ce soit en Amérique latine (Argentine, Chili...) en Afrique (Mobutu) ou en Asie. En Indonésie, la Banque mondiale a soutenu le projet de transmigration de Suharto qui a déplacé plusieurs millions de personnes, provoquant d’irréversibles dégâts humains et écologiques [2].

3. Les migrations économiques ont deux origines

La dégradation des conditions de vie d’abord : avec les programmes d’ajustement structurel, le démantèlement des services publics, les privatisations, les "restructurations", toutes ces mesures entraînent une augmentation massive du chômage dans les pays concernés. Les dévaluations, augmentation de la TVA, suppression des subventions aux produits de bases, entraînant une hausse importante du coût de la vie, rendant inaccessibles un certain nombre de biens de premières nécessités. De plus, la dégradation du système scolaire détruit tout espoir pour les familles de voir leurs enfants accéder à une vie meilleure et enfin, la dégradation des systèmes de santé réduit considérablement l’espérance de vie. Pour absorber la main d’oeuvre rurale, la CNUCED (Conférence des nations Unies pour le Commerce et le Développement) insiste sur l’appropriation des technologies. En 2000, on estime que les adultes des PMA avaient été scolarisés trois ans en moyenne. Moins que dans les pays en développement en 1960.

L’accroissement des inégalités entre le Nord et le Sud ensuite : il est démontré, même à partir des indices économiques dominants. Selon le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), en 1975, le PIB par habitant dans les pays industrialisés était de 41 fois celui des pays à faible revenu, en 2005 il est de 66 fois supérieur !

En 2000, le PIB/habitant était de :
-  Asie du Sud : 2 740$
-  Europe de l’Est : 7 500$
-  Amérique Latine : 6 990$
-  Afrique du Nord : 5 370$
-  Afrique Subsaharienne : 1750$
-  Pays industrialisés : 28 500$

D’autre part, les 20% les plus riches possèdent 74% du revenu mondial tandis que les 20% les plus pauvres se partagent 2% du revenu mondial. Enfin, soulignons aussi que plus de 550 millions de travailleurs vivent avec moins de 1$ par jour (au nord, malgré le coût élevé de la vie, les migrants gagnent 20 à 30 fois plus que chez eux).

On ne peut parler des migrations économiques sans évoquer le trafic des êtres humains, qui concernerait entre 700 000 et 2 millions de victimes et comprend les trafics de femmes et de mineurs, le proxénétisme ainsi que la traite de main d’oeuvre illégale. Il constituerait l’une des activités les plus rentables du crime organisé, avec des recettes appréciées à 12 milliards de dollars par an, trafic facilité bien entendu par le maintien des paradis fiscaux et du secret bancaire.

4. Les migrations écologiques

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe se penchait récemment sur la question et estimait que "les migrations des réfugiés écologiques pourraient devenir l’un des plus grands défis démographiques du XXI siècle", avançant des chiffres de 25 millions de personnes concernées d’ici 2010.

Parmi les dégradations de l’environnement qui génèrent des déplacements de population on trouve : la déforestation, la désertification et la pollution qui sont le résultat, entre autre, d’une agriculture productiviste destinée à l’exportation. Certains dirigeants acceptent même les déchets toxiques des multinationales du Nord et empoisonnent ainsi l’avenir de leur population alors même que celle-ci est déjà privée des moyens de se soigner.

Ensuite, il y a les catastrophes dites « naturelles » dont le nombre a augmenté car elles sont en partie liées au modèle de développement actuel. On constate qu’elles font plus de victimes et de dégâts dans les pays pauvres car ils sont privés des différents moyens de prévenir et de se protéger de ces évènements.

Parmi les causes de déplacements, il y a aussi la construction de certaines infrastructures énergétiques (grands barrages, oéloducs...) qui sont des aberrations écologiques, financés là aussi par la Banque mondiale. Ces désordres écologiques sont liés aux choix politico-économiques mondiaux. Ils sont donc aussi les révélateurs de l’échec de ce modèle néolibéral.

CONCLUSION

L’évolution des migrations est pour l’essentiel liée au modèle économique néolibéral imposé au monde par les institutions financières internationales et la dette est l’outil dont elles se servent pour soumettre les populations à cette logique perverse. La preuve est que pour 1 dollar emprunté par les pays en voie de développement en 1980, ils en ont remboursé 11 à ce jour et en doivent encore 4 ! Par ailleurs, nous tenons à rappeler que les migrants ont envoyé 167 milliards de dollars vers leurs pays d’origine en 2005 ce qui représente une fois et demie l’Aide Publique au Développement mondiale.

Il faut donc annuler totalement et inconditionnellement la dette et les Plans d’ajustement structurels afin de redonner aux populations les moyens de se développer et de s’épanouir comme elles le désirent et là où elles le désirent. Notre propos n’est pas d’annuler la dette en vue de lutter contre les migrations que nous réaffirmons être un droit humain fondamental. Le phénomène migratoire est un thème sensible car il soulève des questions complexes identitaires et sociétales, et c’est la raison pour laquelle il est instrumentalisé par le personnel politique, en particulier à chaque campagne électorale. La trop fameuse « maîtrise des flux migratoires » sert de prétexte à des pratiques discriminatoires, xénophobes et racistes mais, ne tombons pas dans le piège : la convergence entre la mondialisation, la dette et l’accroissement des migrations doit nous amener à nous interroger en priorité sur la logique même de ce système économique.

 

Notes:

[1] comme au Ghana où son introduction au printemps 1995 a entraîné une hausse des prix de 60 % environ, ou au Niger en 2005

[2] cf La politique du FMI et de la BM à l’égard de l’Indonésie entre 1947 et 2003



par Hadj Abdelaziz Bernard Di Spigno publié dans : FINANCE
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Mardi 14 novembre 2006
Ce qu' a rapporté le Ramadan à la grande distribution

Chaque année, le mois de ramadan est l'objet d'une grande convoitise de la part des grandes surfaces. Carrefour, Auchan, Casino et d'autres, se disputent un marché juteux. Mais peu de ces grandes marques souhaitent communiquer sur le sujet. Nous avons chercher à comprendre. Et notre enquête montre que le marché du ramadan n'est décidément pas un marché comme les autres…



 

La datte Déglet nour remporte un franc succès dans les ventes
La datte Déglet nour remporte un franc succès dans les ventes
 
On se croirait à Barbès ! Et pourtant, durant les quatre semaines qui ont émaillé le mois de Ramadan, c'est bien dans les allées bondées des grandes surfaces tout public, que le consommateur musulman pouvait faire ses courses. Car quasiment tout s'y trouvait. De la datte Déglet Nour aux Mille et une feuilles de brick en passant par El Ban ou les incontournables pâtisseries arabes tel que la zlabia et la chamia, c'est un véritable paradis de la consommation qui s'est offert au grand public.

Cette année encore, Carrefour, première marque de la grande distribution a mis le paquet. En lançant l'opération Saveurs d'Orient à prix gourmands, le roi des grandes surfaces entendait bien rafler la mise du marché musulman. Un mot qui sonne toujours mal à l'oreille des commerciaux qui ne l'emploie jamais. Le terme d'orient ou d'oriental passe mieux, semble t'il.
 

La frilosité des grandes surfaces


Concernant l'ampleur financière réelle de ce marché, nul ne peut encore l'estimer.
Interrogé par notre rédaction, la direction de Carrefour n'a pas voulu avancer de chiffres. Ce qui conforte notre constat de départ: la frilosité des grandes surfaces à communiquer sur le marché du ramamdan. L'on pourrait avancer deux explications à cette attitude.

L'une est économique, puisque la plupart des sociétés rechignent à révéler leur chiffre d'affaire ou leur bénéfice, de crainte que la concurrence ne s'en empare.

L'autre est plus idéologique. Les marques de la grande distribution ne veulent pas risquer de perdre une partie de leur public pour en gagner une autre.

Cette frilosité à communiquer sur la consommation ethnique musulmane, Jean-Christophe Despres, directeur de l'agence Sopi qui œuvre pour "la prise en compte des origines dans la définition des identités" et promeut "le potentiel culturel et économique des différentes communautés", la connaît bien.

"La grande distribution ne va jamais admettre que des communications de grand public. Le fait est qu'ils ont peur que cela choque leur autre clientèle. Ils disent « nous on cible tout le monde » mais ils ont surtout peur de l'image du fameux communautarisme."

Une réalité confortée par la configuration du marché. "J'imagine aussi que l'offre n'étant pas pléthorique, les annonceurs misent sur le bouche à oreille. Ils se disent que cela fera l'affaire, que ces consommateurs qui peuvent avoir du mal à se procurer les produits qu'ils recherchent, viendront d'eux-mêmes. Donc, plus besoin pour eux de communiquer explicitement."
 

Un marché en pleine croissance

Des corans, hadiths et biographies du Prophète au rayon livre
Des corans, hadiths et biographies du Prophète au rayon livre

Si les chiffres exacts sont difficiles à connaître, on peut néanmoins, sur la base de l'étude des tendances, avoir une idée de ce que représente ce marché.

Un responsable de la direction d'Auchan, qui requiert l'anonymat, nous a ainsi déclaré que la part financière représentée par les ventes des produits ethniques musulmans (dattes, lait fermenté, gâteaux…) ne représentait pour ce magasin que 2% du chiffre d'affaire mensuel total, sur la période de Ramadan.

"Nous n'appelons pas ces produits « musulmans ». Nous utilisons plutôt des appellations telles que Délices du Maghreb. Cela fait sept ans que nous faisons ce genre d'opération. Si le bénéfice reste assez faible, la tendance de ce marché se renforce avec le temps."

Ce pourcentage doit pourtant être relativisé car il est calculé globalement sur l'ensemble des magasins Auchan.

Hors, les ventes varient considérablement selon la géographie et la taille des magasins. Les meilleurs chiffres s'obtiennent logiquement dans des départements comme la Seine Saint Denis, avec des magasins comme celui de Bagnolet.

Les hypermarchés sont aussi beaucoup mieux fournis en produits ethniques que les supermarchés ou les magasins plus petits.

Autre exemple, le livre. Un grand nombre d'ouvrages sur l'islam vendus à Carrefour, Auchan, Casino ou Cora, est sous-traitée par la maison d'édition Al Bouraq.

Premier éditeur arabo-musulman à avoir intégrer le circuit de la grande surface, Al Bouraq a vendu cette année un minimum de deux cent mille ouvrages à une centaine de grandes surfaces principalement Carrefour (60) mais aussi Leclerc, Cora, Auchan ou Casino, juste pour le mois de Ramadan.

Mr Mansour, directeur de la distribution d'Al Bouraq, se réjouit de cette collaboration commerciale. "Une révolution culturelle est en place. Pour moi, c'est extraordinaire car faire pénétrer ces ouvrages sur l'islam dans la grande distribution permettra aux musulmans de participer à la vie sociale."
 

An Nawawi…32e meilleure vente

La zlabia et le makrout font partie des gâteaux les mieux vendus
La zlabia et le makrout font partie des gâteaux les mieux vendus

De son côté, la grande distribution s'en réjouit certainement aussi. Avec des livres se vendant entre 6 à 10, voire 12 euros, elle se taille la part du lion sur les ventes, un faible pourcentage revenant à l'éditeur. On est donc déjà sur un bénéfice à plusieurs millions d'euros.

D'après M. Mansour, la vente des ouvrages islamiques a permis au secteur du livre de remonter. "Un commercial de Casino, à Roubaix, m'a dit : « Grâce à vous, je ne suis plus déficitaire."

Une autre conséquence de ce partenariat : le recueil des Quarante hadiths de Nawawi s'est placé, le mois dernier, à la trente deuxième place des meilleures ventes de livres en France. Une information fournie par Livre Hebdo, un média référencé qui recense le marché national du livre.

Pour les produits de consommation alimentaire, la tendance est plus impressionnante encore. Les feuilles de brick, très prisées dans la cuisine maghrébine, se sont vendues par millions. A quatre-vingt dix centimes d'euros, la société Les mille et une feuil a vendu un million de paquets, par l'intermédiaire de grossiste, à Carrefour.

Mais ce sont les pâtisseries orientales qui décrochent le gros lot. La société Sectal, productrice de gâteaux, en a directement commercialisé quarante tonnes pour le seul mois de Ramadan, au lieu de 10, le reste de l'année. "Nous travaillons depuis dix ans avec Carrefour, sur l'ensemble de ses magasins. Les gâteaux se vendent bien, en particulier la zlabia et les makrout."

A deux euros la barquette de gâteaux, cela fait aussi un chiffre en dizaine de millions d'euros.

Le marché alimentaire musulman est un marché certes lucratif mais aussi très sensible. Ainsi, fébrilité, peur du communautarisme et préjugés dominent souvent les pratiques et les stratégies commerciales des grandes surfaces.

On est encore loin de l'univers économique anglo-saxon où politique et business ne font jamais bon ménage.

Mais une chose peut déterminer l'avenir du markéting ethnique en France : l'exigence du consommateur. Et sur ce terrain comme ailleurs, la règle est la même. Le client est roi...

 
Mardi 14 Novembre 2006

Fouad Bahri sur saphirnews.com
commentaire ASIDCOM
nb: La datte importée d'Israël (de la vallée du Jourdain en cisjordanie) fait l'objet d'un conflit territorial puisque zone colonisée et un long article sur l'exploitation des enfants palestiniens est relaté dans le numéro du Monde diplomatique de Juin 2006 avec un appel au boycott.
De la viande non licite, aux merguez avec présence de l'additif E120 ou E124, c'est à dire rouge de cochenille, insecte non licite...les consommateurs musulmans doivent s'inquiéter de la licité de leur alimentation.
Au delà du chiffre d'affaire qui intéresse la grande distribution, mais aussi la restauration type Mac Donals avec le repas de l'Iftour....c'est la remise en cause de la solidarité musulmane qui est mise en cause car jamais Carrefour et les autres ne verseront la zakat de purification des biens. Ils accumulent le capital pour le bonheur de leurs actionnaires qui jubilent à la bourse et ne vous servirons jamais un bon thé à la menthe. Il est de la responsabilité des consommateurs de priviligier les petits commercants de proximité et des commercants de respecter les consommateurs en vendant des produits licites.
Le Coran à côté du beaujolais, il y a du souci à se faire !!!!!
par Hadj Abdelaziz Bernard Di Spigno publié dans : FINANCE
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