Blog de l'association ASIDCOM : Association de Sensibilisation, d'Information et Défense de Consommateurs Musulmans
Paris, le 15 juin 2005
VIANDE ROUGE, PREPARATIONS CARNEES
& CANCER COLORECTAL
Suite à la parution de l?étude EPIC (European Prospective Investigation into
Cancer and Nutrition) dans l?édition du 15 juin 2005 du « Journal of National Cancer Institute » et aux demandes d?information qui en ont découlé, en particulier au sujet de la viande de boeuf, le Centre d?Information des Viandes (CIV) souhaite préciser certains points :
? Pour le consommateur français, parler de « viande rouge » revient à parler de viande de boeuf. Il convient donc de préciser ce que l?on entend par « viande rouge » dans cette étude : non pas seulement la viande de boeuf mais l?ensemble des viandes de boucherie, c?est-à-dire le boeuf, le veau, le porc et l?agneau1.
? L?étude EPIC montre qu?une consommation excessive de viande rouge (boeuf, veau, porc, agneau) associée à une consommation excessive de préparations carnées (salaisons, viandes fumées, séchées, ?) expose le consommateur à un risque accru de cancer colorectal. On peut noter cependant que l?augmentation du risque d?apparition de cancer colorectal liée à la seule forte consommation de viande rouge (boeuf, veau, porc, agneau) n?apparaît pas ici statistiquement significative2.
? Parmi les produits mis en cause dans le cadre de cette étude, le lien statistique établi entre la consommation de viande bovine (boeuf et veau) et le risque d?apparition de ce type de cancer est encore moins significatif3. La publication de l?étude EPIC donne par ailleurs au CIV l?occasion de souligner la nécessité d?informer sur les niveaux réels de consommation de tous les produits alimentaires. En ce qui concerne les viandes, la consommation de viande de boeuf est en baisse depuis 20 ans, pour se situer à l?heure actuelle à moins de 35g par jour et par personne4, soit environ deux steaks par semaine. A noter que les consommations importantes sont rares : seulement 10% des hommes consomment plus de 60g de boeuf par jour, et 10% des femmes plus de 50g par jour4. Le CIV souhaite enfin rappeler que la consommation de viande doit s?inscrire dans le cadre d?une alimentation équilibrée n?excluant aucun aliment et insiste sur l?importance des messages allant dans le sens de l?équilibre nutritionnel.
1 La dénomination communément admise en France de « viande rouge » ne concerne habituellement ni la viande de veau ni la viande de porc.
2 La communauté scientifique fixe généralement le seuil de significativité correspondant à la probabilité d?une hypothèse nulle à 5%. Or dans le cas présent, la probabilité d?hypothèse nulle est de 8%. Selon les critères communément admis, le résultat ne peut donc pas aujourd?hui être considéré comme statistiquement significatif.
3 Probabilité d?hypothèse nulle de 76%.
4 Source Credoc ? Enquête sur les Comportements et les Consommations Alimentaires des Français (CCAF 2003).